Développements junguiens : Individuation Magazine

Anima, Animus, Individuation, Archétype, autant de concepts laissés à notre disposition et à notre réflexion par Carl Gustave Jung, éminent Psychologue et Psychiatre suisse (1875-1961).Individuation Magazine est une publication de la Société OTT Partners Ltd située à Londres et qui anime de nombreux séminaires en Europe sur le thème de l'approche junguienne. Ce Magazine en ligne est une véritable invitation à la découverte de l'univers junguien. Univers particulièrement riche et dense alimenté des nombreuses explorations effectuées au fil du temps par celui qui s'avoua vite rebuté par l'aspect matérialiste de la doctrinne freudienne. Ses convictions étaient bien différentes et trouvaient leurs origines notamment dans l'étude des contes, des rites, des arts, des religions et même des doctrines ésotériques comme l'alchimie et l'astrologie.Individuation Magazine souhaite d'une certaine manière établir le lien avec l'héritage de la pensée junguienne au travers notamment de la diffusion d'informations relatives aux lectures, aux formations et aux différents échanges susceptibles d'éclairer les personnes désireuses de s'initier à cette approche particulière de la psychologie humaine.

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Neil BOWDEN

15-16-17 février 2017: la période idéale pour se former au IJTI-Process® à Reims

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1.27.2014

L'âme humaine, esclave des forces collectives


La guerre sainte,

l’âme humaine esclave des forces collectives

 

La guerre sainte, deux mots qui d’abord paraissent antinomiques. En effet, comment une guerre peut-elle être sainte ? Que les hommes aient depuis toujours été contraints de faire la guerre, la chose paraît assez naturelle, le fond d’agressivité existant en leur âme demandant à être exprimé, tout au moins canalisé. Mais qu’il faille la déifier en affirmant la mener au nom d’un principe tenu pour sacré, c’est en rendre la limitation bien problématique.

Pour Carl Gustav Jung, l’un des fondateurs de la psychanalyse, c’est une tendance qui prend toute sa pertinence dans la mesure où elle pose le problème des rapports entre l’individu et la collectivité dont il est membre. Dans quelle proportion, précisément, peut-il abdiquer sa liberté personnelle face aux exigences de la communauté ?  Répondre à cette question revient à s’interroger sur la relation qu’il entretient avec son âme. Jung estime que le rôle de celle-ci est d’être un pont entre sa conscience et le monde immense de son inconscient. Or, si ce dernier est, pour partie, personnel à chacun, une autre partie demeure collective, dans la mesure où elle est le fruit de toutes les expériences connues par les hommes depuis qu’ils existent. En l’inconscient collectif demeurent des richesses formidables aptes à fortifier la personne dans le cas où elle connaît des troubles graves, mais qui peuvent aussi, lui faire perdre son autonomie si elle tend à les mépriser. C’est dans les phénomènes dits de « guerre sainte » que ces forces font ressentir leur puissance et peuvent amener l’individu à perdre son âme. Telle est la situation dont rend compte la psychologie de Jung.

 

Monothéisme et guerre sainte.

Favorisant la mobilisation de toutes les énergies en une direction unique, une religion de type monothéiste a pu permettre les phénomènes de guerre sainte. Du reste, il fallut un temps assez long pour que l’Humanité puisse accorder sa foi à un seul Dieu.

Longtemps en effet, elle préféra tourner ses préoccupations sur des croyances reconnaissant l’existence d’une pluralité de puissances, davantage propres à exprimer toute la diversité de la psychologie humaine. C’est ainsi que le polythéisme fut longtemps la règle dans toutes les sociétés. Non que les hommes n’aient eu la prémonition qu’existait un seul Dieu, inconnu, source de toutes choses. Simplement, il restait confiné dans les sanctuaires et ne concernait que quelques prêtres initiés. Avec le peuple hébreux, pour la première fois Dieu était mis à la portée de tous et il appartenait à chaque homme de reporter sur Lui ses adorations. En même temps, une responsabilité immense pesait soudainement sur ses épaules.

En effet, les religions païennes traditionnelles s’appuyaient non sur un dogme mais sur des rites établis par une tradition remontant du fond des âges. Il ne s’agissait pas de foi mais de croyances. Issues du fond de notre âme, celles-ci s’imposaient à la conscience humaine comme des forces puissante exprimées au moyen de mythes appropriés, autant d’images nous donnant une vision précise de la nature humaine. Se proposant à notre attention de manière irraisonnée, elles ne permettaient que dans une certaine mesure à notre libre arbitre de s’exprimer. Précisément, la liberté humaine n’était alors pas reconnue et l’on sait l’importance que les Anciens accordaient à la fatalité. L’histoire de Crésus en témoigne, il est toujours vain de vouloir échapper à son destin. Cependant, toutes ces traditions gardaient un caractère sécurisant par leur cadre rigide, lequel imposait des règles précises où se trouvait étroitement circonscrite l’action humaine.

Bien différente est la foi. Allant plus loin que les simples croyances religieuses, elle en appelle à la volonté humaine, sollicite l’intelligence de l’homme, est source chez lui d’unité. Il en découle de sa part une force d’âme accroissant le champ de sa conscience et mettant au plus haut niveau le sens de ses actions. Mais un tel sentiment, ainsi exprimé, peut se révéler à double tranchant. Si elle n’est pas assumée avec tout le discernement nécessaire, la foi peut être une force atrophiant notre liberté, s’emparant de notre âme, justifiant la violence, avec son cortège d’horreurs et d’abominations. « Le plus grand problème du Moyen Age fut d’apprendre à penser. Ils choisirent la plus abstraite de toutes les idées, l’idée de Dieu, et lui sacrifièrent tout. Des pays ont sombré devant elle, des familles ont été démembrées par elle, des armées ont été massacrées dans le but d’apprendre à penser à Dieu »[1]. On comprend alors la raison pour laquelle il fallut si longtemps à l’Humanité pour se tourner avec confiance vers une divinité unique tant était incertaines les conséquences découlant d’un tel changement.

« Le fanatisme est le frère toujours présent du doute »[2] disait Jung. Tous ces excès représentent effectivement une volonté de compenser une infériorité psychologique ressentie par des collectivités en situation de crise. Les hommes qui participèrent à la croisade le firent à une époque où la vie était durement perçue, sans cesse menacée par les inondations, les épidémies, les guerres. S’imaginant qu’ils pouvaient échapper à leur sort, soutenus par l’idée de la « Jérusalem céleste », ils avaient le désir de réaliser rapidement leur idéal ici-bas. Dans le même ordre d’idée, connaissant une existence précaire au sein des solitudes désertiques de la péninsule arabique, les guerriers nomades furent unis par Mahomet au nom du tout puissant Allah et se firent conquérants.

Le thème du « peuple élu » illustre au mieux cette tendance rendue possible par le monothéisme. C’est afin de faciliter l’unité des douze tribus d’Israël que les Hébreux, Moïse à leur tête, décidèrent qu’ils constituaient le « peuple élu ». Dans leur esprit, cette situation ne résultait pas d’une décision prise par un être de chair, souverain chef charismatique, mais de la seule volonté du Tout puissant. Pour en faire partie, soit pour avoir accès à Sa parole, il fallait simplement témoigner de la plus extrême humilité. Il n’en demeure pas moins que cette idée a pu, tout au long de l’Histoire, être sujette à des dérives et justifier la volonté de puissance de certains peuples considérés par eux-mêmes comme appelés.

De par sa connaissance des diverses traditions du globe, Jung avait su considérer avec distance sa culture chrétienne d’origine. « Je voyais saint Augustin transmettant aux Anglo-Saxons, de la pointe des lances romaines, le credo chrétien et Charlemagne imposant glorieusement aux païens des conversions tristement renommées. Puis les hordes pillardes et meurtrières des armées des croisés et ainsi, comme avec un coup au cœur, la vanité du romantisme traditionnel des croisades me sauta aux yeux »[3]. En confrontant les civilisations les unes aux autres, le psychologue avait en effet acquis une conception très personnelle de la vie spirituelle, ce qui, en des temps plus sévère, l’aurait très certainement conduit au bûcher. Jung en était arrivé à ces convictions du fait de ses nombreux voyages, lesquels ont contribué à faire sa renommée, et lui permirent de donner une image de l’être humain dans toute sa diversité.

Tout particulièrement, son séjour au Nouveau Mexique chez les Indiens pueblo fut source chez lui d’une riche réflexion quant à la meilleure attitude à adopter devant le fait religieux. Le savant estimait en effet que ce qui faisait la force de ce peuple était sa manière très sérieuse de vivre sa vie spirituelle. Pour lui, elle devait être considérée comme un secret ne devant pas être trahi, à l’instar des mystères d’Eleusis, sachant ainsi préserver une identité culturelle qu’une assimilation trop brutale au monde moderne lui aurait fait perdre. En effet, un fait religieux resté caché fait toujours la part belle à l’individu par rapport à la collectivité dont il est membre. Chacun garde intact sa liberté personnelle et le danger de devenir esclave des mouvements collectifs s’en trouve amoindri d’autant. Tel était le message délivré à Jung par cette communauté et l’on comprend qu’il l’a aidé à se garder de certaines puissances non canalisées présentes en son inconscient.

 

Guerre sainte et laïcité.

On commettrait pourtant une erreur si l’on assimilait le phénomène de guerre sainte au seul fait religieux. Les valeurs ne peuvent concerner que la vie su siècle, subsiste la ferveur collective.

En effet, la haine qu’encourt un principe vu comme excessif peut générer un excès tout aussi grand, et lutter contre un ennemi bien défini est toujours rester sous l’influence de l’idée qu’il représente. Durant la Révolution française, les soldats de la République qui avaient pour mission de lutter « contre l’intolérance et le fanatisme » encouraient tout aussi bien le même reproche. Ainsi le siècle dit des Lumières, dans un souci de progrès resté décalé par rapport à la réalité psychologique humaine, a tenté de promouvoir des valeurs devenues autant d’abstractions exerçant leur pouvoir de séduction sur des âmes prêtes à abdiquer leur liberté en vue de leur réalisation sans concession. La Justice, la Liberté, le Progrès, la Fraternité, la Tolérance étaient autant de divinités nouvelles vers lesquelles des hommes tournaient leurs aspirations et la majuscule qui leur était accolée n’était là que pour exprimer l’adoration sans bornes que les hommes avaient à leur vouer. Une divinité était remplacer par une autre, le même zèle religieux justifiait les violences.

La Révolution française ne fut pourtant pas le dernier évènement suscitant ces actions et le XXe siècle ne fut pas en reste dans la volonté des hommes de déifier leurs actes les plus condamnables pour mieux s’aveugler sur leur véritable nature. Les régimes totalitaires qui apparurent alors connurent la même fascination envers cette volonté d’engager une lutte au nom d’un Bien jugé supérieur, contre un ennemi perçu sous les plus noirs aspects. Ainsi l’affirmait Jung : « L’absolutisme de la « civitas Dei », de la cité de Dieu, incarnée par les hommes, ne ressemble malheureusement que trop à la « divinisation » de l’Etat que prônent les tenants de l’autre bord, et les conséquences morales qu’un Ignace de Loyola tire de l’autorité de l’Eglise – à savoir que le but sanctifie les moyens – n’anticipent que trop dangereusement sur l’usage du mensonge comme instrument de haute politique. D’un côté comme de l’autre, une soumission totale à la Foi est exigée. L’individu se trouve ainsi amputé de sa liberté, de sa liberté devant Dieu par les uns, de sa liberté devant l’Etat par les autres, ce qui dans un cas comme dans l’autre creuse sa tombe »[4].

Une image particulière propre à faire le lien entre cette voie suivie par les hommes du Moyen Age et ce trait de certains régimes dictatoriaux de notre temps, est celle qui a trait au millénarisme. Le nombre 1000, par l’idée de profusion qu’il suggère, est tout à fait propre à prendre un caractère d’éternité, à évoquer une situation intemporelle destinée à durer toujours. Ce fut ce rêve auxquels cédèrent certains esprits d’autrefois, recherchant la venue d’un nouvel Age d’or quitte à ce que soit ébranlé l’ordre social. Ce même désir sous-tendit les révolutions françaises et russes. Il caractérisa le messianisme de 1848 tout comme la révolution bolchevique de 1917. Surtout un tel désir va de pair avec une volonté de diaboliser un ennemi extérieur contre lequel rien n’est jugé trop excessif pour que soit assurée sa destruction. Ainsi le régime nazi entreprit-il la croisade contre le communisme et contre le judaïsme et la volonté d’Adolphe Hitler de faire inscrire « Dieu avec nous » (Gott mit uns) sur les ceinturons de ses S.A. montre bien le sens pris par sa détermination. De même, le capitalisme honni fut-il présenté par les communistes comme une véritable bête de l’Apocalypse. Tel est le caractère pris par la guerre menée alors au nom de l’idéologie d’un régime.

Que ce soit sous l’empire d’un dogme religieux ou de celui d’une idéologie conditionnant la vie d’un Etat, le même symbole mobilise les énergies. Jung parle de la « ressemblance avec Dieu ». Pour lui, il s’agit de l’influence exercée par un archétype très puissant présent en notre inconscient collectif, l’archétype du divin, et qui, parce qu’il est resté ignoré et non canalisé pour le plus grand bienfait de l’individu, possède l’être humain tout entier. Il s’ensuit chez ce dernier une certaine frénésie de puissance qui le voit soumis à des mots d’ordre, abstractions coupées de toute réalité humaine et concrète. Par un accès de présomption, il connaît « une exaltation inconsciente et une mise en évidence du Moi, qui peut alors atteindre à une volonté morbide de domination »[5]

En définitive, on réalise que le seul dieu auquel les esprits se sont laissés subjuguer est Moloch, cette divinité des anciens temps à qui les hommes allaient jusqu’à sacrifier leurs semblables. Aujourd’hui, Moloch a disparu de notre univers. Ce culte barbare n’en continue pas moins à exerces son emprise sur les esprits puisqu’il renaît sous la formes d’idées auxquelles ils sacrifient tout sans concessions. Chronos dévorant ses enfants, le minotaure se repaissant de ses victimes, sont autant d’images de ce maître avide et insatiable, et si les hommes ne lui sacrifient plus leurs enfants, ils lui sacrifient leur âme, immolée alors pour le triomphe d’idées qui, par l’indépendance qu’elles acquièrent envers leur conscience, font peser leur poids sur la libre expression de leur personnalité.

 

Intériorisation de la guerre sainte.

Pour Carl Gustav Jung, l’espoir d’épargner de tels maux à l’humanité réside, non dans la masse, mais dans l’individu. Le psychologue estime en effet que d’une vie réellement religieuse ne peut que découler « un sentiment fier qui élève l'individu humain à la dignité d'un facteur métaphysique »[6].

Effectivement, entre un sentiment religieux exprimé avec autant d’ardeur que par la guerre sainte et une vie authentiquement religieuse de l’individu assumée en son intimité avec lui-même, n’existe qu’un rapport fort ténu. C’est le sens pris par la mystique, l’attirance éprouvée envers le mystère de Dieu présent en chacun d’entre nous. Toutes les religions ont leur mystique, la relation individuelle entre Dieu et la créature.  Pour cette raison ceux qui ont suivi cette voie ont toujours suscité la méfiance des autorités religieuses officielles en raison de l’indépendance d’esprit manifestée envers la société.

A cet effet, l’exemple le plus imagé que l’on puisse donner de cet engagement est celui présenté par l’Ancien Testament et par le lien évident qu’il entretient avec la guerre. Les Saintes Ecritures évoquent en effet l’Histoire du peuple hébreu dans son rapport avec Dieu. Tantôt, il connaît des succès, tantôt il éprouve des revers. Mais les uns et les autres alternent conformément à la volonté du Tout puissant et sont autant de jalons le faisant progresser sur le chemin de sa destinée.  Ainsi peut-on parler véritablement d’une mystique de l’Ancien Testament, dans la mesure où toutes les aventures connues par ce peuple, positives ou négatives, le font à chaque fois avancer un peu plus dans la connaissance de Dieu. Tel est précisément le périple dans lequel est engagé l’individu à l’intérieur de lui-même.

Aussi, ne faut-il voir les combats menés par Israël, non de manière littérale, mais uniquement sur un plan métaphorique, chaque lutte n’étant que la projection des tendances diverses sollicitant l’âme de chacun. Tous les remous agitant notre existence, images de nos déchirements intérieurs, nous font à chaque fois évoluer un peu plus dans notre appréhension de nous-mêmes, nous rendant plus sensibles la volonté du Tout puissant. Tel est le labyrinthe tortueux, image de notre inconscient et, au-delà, de notre vie même, dans lequel nous cheminons tout en nous transformant graduellement. Quel que soit le tour pris par les évènements, les textes chrétiens n’ont jamais présenté la guerre autrement que sous forme d’images destinées à faire mieux entrevoir au fidèle son combat intérieur. C’est le sens pris par la lutte menée entre la Lumière et les ténèbres évoquée par Saint Paul. Ainsi dit-il dans l’une de ses Epitres : « Je te délivrerai du peuple et des nations païennes vers lesquelles je t’envoie, moi, pour leur ouvrir les yeux, afin qu’elles reviennent des ténèbres à la lumière et de l’emprise de Satan à Dieu »[7]

Ce devoir qui nous est imparti nous est rendu plus sensible si l’on observe que les deux premières religions monothéistes vouent un culte à un dieu vaincu. « C’est lorsque nous sommes en proie à un affect que nous prenons conscience de nous-mêmes avec le plus d’acuité, que nous nous percevons nous-mêmes avec le plus d’intensité [...] un choc au visage, par exemple pourrait être à l’origine des premières réflexions de l’individu sur lui-même »[8]. Ceci est vrai dans le cas du Christianisme au sein duquel les croyants ont tourné leurs aspirations vers un dieu mort sur la croix pour mieux souligner l’idée d’amour et de charité. Cela ne l’est pas moins dans le cas du judaïsme. Généralement, les peuples païens abandonnaient toujours le dieu qui ne leur avait pas donné la victoire. Différent fut le choix des hébreux, connaissant l’épreuve de la captivité de Babylone. Malgré la détresse dans laquelle semblait les avoir confinés Yahvé, ils continuèrent à Lui accorder leur foi en élaborant toute la trame de leur religion. Telles furent les conditions dans lesquelles naquit le judaïsme au Ve siècle avant JC.

Des situations comme celle-ci sont en effet bien propres à créer en chacun d’entre nous une nouvelle conscience, et c’est dans la douleur ressentie que les richesses insoupçonnées de notre âme se présentent à celle-ci et l’enrichissent. « C’est de la souffrance de l’âme que germe toute création spirituelle et c’est en elle que prend naissance tout progrès de l’homme en tant qu’esprit ; or, le motif de cette souffrance est la stagnation spirituelle, la stérilité de l’âme »[9]. En ce sens va le récit de Saint-Exupéry, Pilote de guerre, l’Histoire de son expérience d’aviateur lors de la défaite de 1940. Quel que soit son caractère dramatique, elle n’en est pas moins destinée à produire en lui les fruits les plus spirituels. « Je ne m’inquiète pas du limon épars s’il abrite une graine. La graine le drainera pour construire »[10], disait-il. Il n’est que d’imaginer pour s’en convaincre l’Iliade écrite par un Troyen ou la deuxième guerre punique narrée par un Carthaginois.

 

Légitimée ainsi, la guerre ne fait que mettre en lumière nos plus noirs instincts. La mettre sur un piédestal en affirmant la mener au nom d’un principe majeur ne vise qu’à camoufler ce qu’elle a toujours demeuré, soit le plus terrible des fléaux humains. Jung estimait que le progrès général découlera, non de transformations politiques, économiques ou institutionnelles, simplement d’une reconstruction personnelle de l’individu. A l’éducation et à la culture reviennent le rôle de transmettre les valeurs nécessaires à sa réalisation. Les grands esprits, Socrate, Jésus, le Bouddha, se sont toujours adressés aux individus, non aux masses, ainsi s’est propagé leur enseignement. Saint Augustin le disait: « Une âme qui s’élève élève le monde ».

 

Bibliographie :

·         W. Mc Guire et R.F.C. Hull, C.G.Jung parle. Paris: Buchet/Chastel, 1985.

·         Carl Gustav Jung, L’homme à la découverte de son âme. Paris : Albin Michel, 1987.

·         Miguel Rojo Sierra, Introduction à la lecture de Jung. Genève : Georg édition, 1988.

·         Didier Lafargue, La personnalité humaine dans l’œuvre de Carl Gustav Jung. Montélimar : Edition Castelli, 2013.

·         Didier Lafargue, Saint-Exupéry et la guerre. Revue Choisir, mars 2011, n°615.

(http://www.choisir.ch/religions/spiritualites/item/1380-Résistance)



[1] W. Mc Guire et R.F.C. Hull, C.G.Jung parle. Paris : Buchet/Chastel, 1985, p. 24.
[2] Carl Gustav Jung, L’âme et la vie. Paris : Buchet/Chastel, 1965. 2e édition, 1969, p.254.
[3] Carl Gustav Jung, Ma vie. Paris : Gallimard, 1973, p.286.
[4] Carl Gustav Jung, Présent et avenir. Paris : Buchet/Chastel, 1962,  p. 65.
[5] Carl Gustav Jung, Dialectique du Moi et de l’inconscient.  Paris : Gallimard, 1964. 2e édition, 1967, p. 65.
[6] Carl Gustav Jung, Ma vie. Paris : Gallimard, 1966. 2e édition, 1967,  p. 291.
[7] Saint Paul, Actes 26, 17-18.
[8] Carl Gustav Jung, L’homme à la découverte de son âme. Paris : Albin Michel, 1987, p. 105.
[9] Carl Gustav Jung, L’âme et la vie. Paris : Buchet/Chastel, 1965. 2e édition, 1969, p. 330.
[10] Antoine de Saint-Exupéry, Pilote de guerre. Paris : Gallimard, 1942, Chapitre XXIV, p.185.

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L'approche typologique de Jung: un outil pour le Bilan de compétences. Juin 2009 Paris

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