Développements junguiens : Individuation Magazine

Anima, Animus, Individuation, Archétype, autant de concepts laissés à notre disposition et à notre réflexion par Carl Gustave Jung, éminent Psychologue et Psychiatre suisse (1875-1961).Individuation Magazine est une publication de la Société OTT Partners Ltd située à Londres et qui anime de nombreux séminaires en Europe sur le thème de l'approche junguienne. Ce Magazine en ligne est une véritable invitation à la découverte de l'univers junguien. Univers particulièrement riche et dense alimenté des nombreuses explorations effectuées au fil du temps par celui qui s'avoua vite rebuté par l'aspect matérialiste de la doctrinne freudienne. Ses convictions étaient bien différentes et trouvaient leurs origines notamment dans l'étude des contes, des rites, des arts, des religions et même des doctrines ésotériques comme l'alchimie et l'astrologie.Individuation Magazine souhaite d'une certaine manière établir le lien avec l'héritage de la pensée junguienne au travers notamment de la diffusion d'informations relatives aux lectures, aux formations et aux différents échanges susceptibles d'éclairer les personnes désireuses de s'initier à cette approche particulière de la psychologie humaine.

L'abonnement à INDIVIDUATION Magazine est gratuit. Il suffit de nous adresser votre email en indiquant que vous souhaitez bénéficier d'un abonnement gratuit. Vous aurez ainsi la possibilité de profiter de nombreux avantages réservés au cercle privilégié des abonnés d'INDIVIDUATION Magazine : invitations à des soirées débats, dédicaces d'ouvrages, échanges de pratiques, séminaires , etc ...

Participez vous aussi à la diffusion de l'oeuvre junguienne en adressant vos articles à l'équipe de rédaction d'Individuation Magazine :

www.ott-partners.eu
ott.partners@yahoo.co.uk

Merci et bonne lecture.



Neil BOWDEN

3-4-5 mars 2016: la période idéale pour se former au IJTI-Process® à Compiègne.

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6.02.2015

Types psychologiques junguiens et méthode constructiviste en orientation: paroles d'un praticien ENFp.

De type ENFp, son extraversion n’échappe à personne.
Ce qui caractérise avant tout Sylvie est son iNtuition extravertie (Ne).


Elle se présente d’ailleurs ainsi : 
« J’aime associer des informations, des idées, des sensations, des émotions, des situations pour en faire des idées neuves. J’aime défricher, explorer de  nouveaux territoires. Je suis particulièrement curieuse et j’ai une activité continue « d’association d’idées » reconnue comme une  imagination débordante.
Sylvie ZEBOULOUNDe par mon extraversion, c’est à haute voix et en échangeant avec les autres que s’exprime ma créativité. On me reconnait sans doute pour cela une personnalité décalée. Je me souviens qu’enfant on m’appelait « l’originale ». J’ai également du mal à passer inaperçue, mais le chercherais-je vraiment ?... »

Formée à l’approche typologique Jungienne et certifiée IJTI-Process® ainsi qu’à la méthode constructiviste  Talents & Transitions Patchwork®, Sylvie Zebouloun vous propose d’examiner le processus d’accompagnement et l’utilisation de l’outil à travers 2 prismes :

- la prise en compte de la personnalité, basée sur l'approche des types psychologiques Jungiens et du processus d'individuation
- la méthode Talents & Transitions Patchwork®  au service de la co-construction en accompagnement de carrière.

Lors de sa formation, elle a fait part de l’intérêt particulier qu’elle avait eu pour l’approche clinique proposée par la méthode  IJTI-Process® et à sa réticence, par ailleurs, pour un outil tel que le MBTI®, qui privilégie, selon elle,  une approche nomothétique.

C’est à travers le prisme d’une praticienne de type ENFp que cette étude vous est livrée.

Les thèmes abordés sont :

n      L’alliance de travail entre une praticienne ENFp et un consultant ISFj
n      Le processus d’appropriation de l’outil Talents & Transitions Patchwork® par une personne de type ISFj au regard :
§         du parcours expérientiel
§         des activités
§         de la transposition des activités sur le support de la méthode « Talents & Transitions Patchwork® »
§         de l’expression du sentiment d’efficacité personnelle, des intérêts, des valeurs.

Lire l’étude complète:
https://independent.academia.edu/SylvieZEBOULOUN/Papers

3.17.2015

Types psychologiques et styles d'apprentissages ? Merci Carl Jung !


Personnaliser le Conseil en Evolution Professionnelle en intégrant les styles d'apprentissages grâce à l'approche typologique junguienne.


 Aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, l'approche typologique junguienne est utilisée depuis de nombreuses années non seulement pour identifier le type psychologique des personnes mais également le style d'apprentissage qui en découle.

Cet aspect des choses semble moins connu visiblement en France et dans les pays latins où d'autres auteurs que Jung ont proposé d'appréhender le style d'apprentissage selon des cadres théoriques différents.

Pour autant, le type psychologique d'une personne contribue à éclairer de manière particulièrement intéressante les modalités d'apprentissage qui lui conviennent le mieux. C'est pourquoi nombre d'universités américaines font passer aux jeunes étudiants, dès leur inscription dans leur établissement, un questionnaire typologique junguien. 

A l'heure où les préconisations européennes et la législation française invitent les praticiens de l'accompagnement en évolution professionnelle à "personnaliser" les prestations qu'ils proposent, on ne peut que souhaiter avec force, que les bénéficiaires concernés puissent avoir enfin accès à une méthode complète d'identification de leur type psychologique et, par voie de conséquence, de leur style d'apprentissage. A cet égard, le IJTI-Process développé par l'Editeur britannique OTT Partners, se présente comme une méthode intégrée particulièrement adaptée aux enjeux majeurs du CEP (Conseil en Evolution Professionnelle). Elle permet en effet au praticien d'accompagner de manière collaborative son client non seulement dans l'identification et la compréhension des diverses dimensions liées à son type psychologique mais également de saisir quelles sont les modalités pédagogiques les plus pertinentes pour lui.
S'agissant par exemple de travailler la question des intérêts professionnels, tel type psychologique se montrera naturellement  plus à l'aise avec un questionnaire de type RIASEC (méthode nomothétique par excellence) tandis que tel autre type psychologique sera beaucoup plus en confort avec une méthode constructiviste lui laissant la possibilité d'organiser les choses à sa manière au regard de son propre parcours expérientiel (ex: méthode "Talents & Transitions Patchwork").

Première Méthode constructiviste
au service du Conseil en Evolution Professionnelle.
Editions OTT Partners.

Les Editions OTT Partners de Londres, ont développé il y a près de dix ans la méthode intégrée IJTI-Process à l'intention des praticiens du Bilan de compétences et, aujourd'hui, du CEP. Des formations certifiantes sont régulièrement organisées en Angleterre, Irlande et France notamment, pour permettre aux praticiens désireux de se former à l'approche typologique junguienne appliquée au Conseil en Evolution Professionnelle.

Les prochaines dates des formations certifiantes 
IJTI-Process organisées en France sont au choix:

  • les 18-19-20 mai à Nice
  • les 22-23-24 octobre à Compiègne (en résidentiel).


Les types psychologiques junguiens et le processus d'individuation
 au service du Conseil en Evolution Professionnelle.
Formation certifiante pour les praticiens du CEP.
Editions OTT Partners.
Contact et inscriptions: OTT Partners

10.11.2014

Approche constructiviste en orientation: "disruption" ?

IJTI-Process : une véritable méthode éducative plutôt qu’un simple questionnaire typologique junguien.

Largement connu comme l’adepte de la "disruption" en matière d’édition d’outils et de méthodes destinés aux professionnels de l’accompagnement et du coaching, OTT Partners, s’est déjà distingué il y a quelques années en lançant un questionnaire typologique junguien de dernière génération : le IJTI-Process


Loin d’être un traditionnel questionnaire à visée nomothétique, le IJTI-Process est en fait conçu comme une véritable méthode éducative permettant aux professionnels qui l’utilisent de réaliser au bénéfice de leurs clients un travail d’accompagnement à l’identification de leur type psychologique junguien et de leur processus d’individuation particulièrement constructif et interactif s’inscrivant parfaitement dans l’esprit du "tenir conseil" cher à Alexandre Lhotellier. Dit en d’autres termes, l’approche nomothétique classique n’est pas du tout convoquée ici.

Véritable invention de rupture par rapport aux simples questionnaires conçus au siècle dernier, la méthode IJTI-Process est, aujourd’hui encore, la seule méthode disponible au plan international à intégrer des éléments de temporalité dans la structure même du questionnaire qui la compose. Aussi, contrairement aux questionnaires plus anciens, est-elle parfaitement fidèle à la théorie de Carl Gustav Jung. Elle contribue clairement à mettre en relief le processus d’individuation qui constitue la pierre angulaire de l’approche typologique junguienne et qui en fait sa richesse. Le support parle à l’intéressé qui s’en approprie rapidement les tenants et les aboutissants. Ce n’est pas l’expert qui livre des résultats, c’est l’individu qui se forme à la compréhension de lui-même en revisitant sa propre histoire.
Depuis son lancement par OTT Partners, la méthode IJTI-Process a permis à de nombreux praticiens d’acquérir les fondamentaux de l’approche typologique junguienne tout en s’appropriant pleinement une méthodologie d’accompagnement à visée pédagogique favorisant de manière particulièrement efficace l’établissement et le maintien d’une alliance de travail de qualité avec leurs clients. La méthode IJTI-Process a aujourd’hui clairement démontré sa capacité à contribuer au développement chez les individus de "career management skills" (CMS : compétences à s’orienter) en permettant notamment de réaliser un travail d’identification et d’exploration du style d’apprentissage qui caractérise chaque individu.


Innovation, innovation ... aussi pour les enfants

OTT Partners est également l’éditeur d’une méthode inédite destinée aux praticiens exerçant auprès d’enfants. Le JTSC (Jungian Type Sketching for Children) est un outil typologique junguien permettant d’accompagner de manière ludique les enfants dans la découverte de leur type psychologique.

Jungian Type Sketching for Children

Le Conseil en Evolution Professionnel bénéficie également des efforts de Recherche & Développement de l’éditeur OTT Partners.

C’est dans le domaine du Conseil en Evolution Professionnelle que l’innovation est également arrivée avec la publication en Europe de la première méthode constructiviste intitulée "Talents & Transitions Patchwork".
Approche constructiviste : un élément de disruption
Présentée à l’occasion de différents congrès et colloques internationaux, le caractère particulièrement innovant de la méthode a rencontré un vif succès auprès des professionnels du secteur du conseil et de l’accompagnement en évolution de carrière.

Différentes sessions de formation sont dès à présent organisées en langue française ou anglaise, tant en France qu’à l’étranger (Irlande, Angleterre, République Tchèque, Canada,...).
Un ouvrage collectif est actuellement en préparation sur le sujet. Il sera publié début 2015 par OTT Partners sous le titre : "Approche constructiviste et psychologie junguienne au service du Conseil en Evolution Professionnelle".
Pour saluer à sa manière le lancement officiel du CEP qui aura lieu le 1er janvier prochain, l’éditeur britannique offrira aux praticiens qui se formeront à la méthode avant le 31 décembre 2015, une licence d’utilisation gratuite pour une durée d’un an (en complément de la licence initialement acquise).
Préparez l'accréditation internationale
 "Talents & Transitions Patchwork" : première méthode
constructiviste en orientation et conseil
en évolution professionnelle.
Formation en Français à Londres.

7.18.2014

Approche constructiviste et approche junguienne au service des praticiens du Conseil en Evolution Professionnelle

Méthode constructiviste pour le Conseil en Evolution Professionnelle
Talents & Transitions Patchwork :
première méthode constructiviste au service
 des Conseillers en Evolution
Professionnelle

6.12.2014

Ateliers d'échanges de pratiques autour de l'approche typologique junguienne et du Conseil en Evolution Professionnelle



La Baie de Somme vous accueille pour 3 jours de formation et d'échanges de pratiques autour de l'approche typologique junguienne.


DIF 2014

Echanges de pratiques.
Réservez dès à présent les dates des 25 et 26 septembre 2014pour participer à un ensemble d'ateliers vous permettant d'échanger avec des confrères et des collègues autour de l'utilisation de l'approche typologique junguienne. Ces deux journées seront en effet consacrées à l'échange de pratiques notamment dans le cadre des bilans de compétences, du coaching de carrière et du Conseil en Evolution Professionnelle. Une présentation particulière sera faite sur le thème de la posture du praticien en liaison avec sa "vision du monde" (selon J. Guichard) et son type psychologique. La question de l'alliance de travail praticien / client sera abordée à la lumière des apports de la théorie junguienne.

AVANT-PROGRAMME 

Atelier 1.
Bilan de Compétences et  Conseil en Evolution Professionnelle : un espace / temps qui s’élargit ?

Si la durée légale du bilan de compétences est fixée à 24 heures, l’horizon temporel  offert par le nouveau dispositif que constitue le Conseil en Evolution Professionnelle est désormais beaucoup plus large puisqu’il est en effet accessible tout au long de la vie professionnelle.
Cet élargissement considérable de l’espace / temps  consacré à l’accompagnement et au travail réflexif  autorise à penser que le praticien peut valablement proposer à son client  d’intégrer pleinement dans sa réflexion et sa stratégie les composantes du processus d’individuation tel que proposé par l’approche typologique junguienne.


Atelier 2.
Styles d’apprentissage / types psychologiques et développement des compétences à s’orienter.

Depuis quelques années, l’Union Européenne préconise d’accompagner les individus dans l’acquisition des compétences à s’orienter (Career Management Skills). La récente législation française confirme cette intention pédagogique vis-à-vis des bénéficiaires du conseil en évolution professionnelle. Dans cette perspective, la prise en compte du type psychologique et, par conséquent, du style d’apprentissage de « l’apprenant » semble pouvoir grandement favoriser sa progression au plan pédagogique tout en favorisant l’établissement et le maintien, avec le praticien, d’une alliance de travail de qualité.

Atelier 3.
Typologie junguienne : faut-il privilégier l’approche nomothétique ou l’approche constructiviste ?

Nombre de praticiens accordent aux questionnaires typologiques junguiens une (trop ?) grande importance. D’autres, au contraire, estiment qu’il est beaucoup plus important que leurs clients comprennent et s’approprient de manière effective les différentes composantes de leur type psychologique au travers d’un accompagnement spécifique et global. Que choisir ?

Atelier 4.
L’ADVP  est-elle soluble dans l’approche  IJTI-Process® ?

Après s’être formés il y a quelques années à l’ADVP de nombreux  professionnels de l’accompagnement trouvent particulièrement utile d’enrichir leur pratique en utilisant la typologie  junguienne et plus encore, l’approche intégrée proposée par la méthode IJTI-Process®. Qu’en est- il exactement aujourd’hui ?


Plénière 1.
Type psychologique, alliance de travail et posture professionnelle du conseiller.

Apports de la typologie junguienne dans la compréhension de la « vision du monde » du praticien. Rôle central de l’alliance de travail, posture professionnelle et type psychologique du praticien. Tels seront les sujets de cette intervention. Sera particulièrement abordée la question de l’incidence des types psychologiques en présence dans le cadre du conseil en évolution professionnelle (praticien et bénéficiaire) sur le devenir de l’alliance de travail et, par conséquent, sur la qualité et l’efficience de l’accompagnement.


Plénière 2.
Approche constructiviste et  Conseil en Evolution Professionnelle : l’apport d’une méthode innovante.

La loi du 5 mars 2014 relative à la formation professionnelle, à l’emploi et à la démocratie sociale, souligne si cela était encore nécessaire, l’importance des « Périodes de mise en situation en milieu professionnel ». Celles-ci ont notamment pour objet de permettre à un travailleur, privé ou non d’emploi, ou à un demandeur d’emploi  de découvrir un métier ou un secteur d’activité ou de confirmer un projet professionnel.
Ce dispositif qui existait jusqu’alors sous une autre appellation constitue un outil particulièrement intéressant pour le professionnel du CEP sous réserve qu’il sache effectivement exploiter et valoriser avec le bénéficiaire tous les éléments que ce dernier peut retirer de telles périodes de mise en situation professionnel.
A cet égard, l’approche constructiviste et tout particulièrement la méthode « Talents & Transitions Patchwork® » se sont avérées être de précieux supports en la matière tant pour le professionnel que pour le bénéficiaire de l’accompagnement. S’appuyant à la fois sur les éléments de la théorie sociale cognitive d’Albert Bandura et sur les récents travaux du « Life designing », la méthode répond à une intention pédagogique favorisant chez le bénéficiaire le développement de compétences à s’orienter (Career Management Skills).



Contact et inscription: ott.partners@yahoo.co.uk

En partenariat avec 2CA-Formations

Renseignements pratiques :
Sylvie Hubert
06.23.77.91.40
contact@2ca-formations.fr

3.15.2014

Echanges de pratiques et formation autour de la typologie junguienne

La Baie de Somme vous accueille pour 3 jours 
de formation et d'échanges de pratiques autour de l'approche typologique junguienne.
25 - 27 juin 2014

DIF 2014


Echanges de pratiques.
Réservez dès à présent les dates des 25 et 26 juin 2014 pour participer à un ensemble d'ateliers vous permettant d'échanger avec des confrères et des collègues autour de l'utilisation de l'approche typologique junguienne. Ces deux journées seront en effet consacrées à l'échange de pratiques notamment dans le cadre des bilans de compétences, du coaching de carrière et du Conseil en Evolution Professionnelle. Une présentation particulière sera faite sur le thème de la posture du praticien en liaison avec sa "vision du monde" (selon J. Guichard) et son type psychologique. La question de l'alliance de travail praticien / client sera abordée à la lumière des apports de la théorie junguienne.

Formation complémentaire.
Une troisième journée de formation au choix sera proposée en option le vendredi  27 juin:
  • pour les praticiens certifiés à d'autres outils typologiques que le IJTI-Process mais  souhaitant bénéficier des avantages de la Certification internationale IJTI-Process.
  • pour les praticiens IJTI-Process, ou autres outils typologiques junguiens souhaitant se former au Team Map Resources, outil de constitution et de cohésion des équipes.

Contact et inscription: ott.partners@yahoo.co.uk


2.22.2014

Congé individuel de formation : alliance de travail, types psychologiques et visions du monde.


En septembre 2013, se tenait à Montpellier le congrès international de l'AIOSP. A cette occasion, Vincent Guillon, Réginald Savard, Conrad Lecomte et moi-même avons animé un symposium sur la question de l'alliance de travail.
Dans ma communication , la question du type psychologique du conseiller et de celui de son client était présentée comme la pierre angulaire de l'alliance de travail.

Congé individuel de formation : alliance de travail, types psychologiques et visions du monde.

Près d’un million de personnes ont bénéficié du Congé Individuel Formation institué depuis 1971. Au service de projets de reconversion, de mobilité, de qualification, le CIF semble donc présenter un aspect essentiellement personnel. Mais, dans le même temps les enjeux collectifs d’insertion économique en lien avec les politiques de l’emploi n’ont jamais été vraiment absents. Le CIF est ainsi l’aboutissement d’un parcours construit avec des conseillers en mobilité professionnelle exerçant dans le cadre des FONGECIF créés afin de répondre aux besoins des salariés et du tissu économique des territoires. De même, l’apparition plus récente du Droit Individuel à la Formation qui requiert l’accord de l’employeur sur le choix de l’action de formation amplifie cette volonté d’ancrage dans le social et l’économique. Tout comme la notion de « formation tout au long de la vie » vient signifier combien maintenir et développer son employabilité a vocation à contribuer à l’amélioration de la performance collective. Mais d’autres considérations, au-delà de la perspective économique, montrent combien il serait illusoire de ne voir dans le CIF qu’un instrument « individualiste » tant ceux qui y recourent sont en effet, bien souvent, en situation potentielle de désaffiliation de leurs communautés de travail et tant le CIF représente alors un effort pour retrouver de nouveaux collectifs d’appartenance, relevant de l’entreprise aussi bien que du secteur associatif et social.
Cela, les conseillers FONGECIF l’expérimentent très vite lors du premier entretien qu’ils considèrent, véritable clef de voute du processus d’accueil et d’accompagnement du bénéficiaire, comme une occasion particulièrement importante de créer la rencontre et d’établir avec lui une véritable alliance de travail. Force est pourtant de constater que moins de 50 % des personnes ainsi reçues, déposent effectivement un dossier de demande de CIF à l’issue de ce premier entretien. Que se joue-t-il donc dans cette expérience interpersonnelle supposée inaugurer le processus d’accompagnement ?

De gauche à droite:
Conrad Leconte, Réginald Savard, David Bourne et Vincent Guillon

Photo: Eric Bonnesoeur

Dans cette communication, nous développons l’hypothèse que cette rencontre mobilise d’un côté, la « vision du monde du conseiller » (Guichard, 1997) et, de l’autre, celle du salarié s’exprimant en première intention sous la forme d’un projet individuel, de valeurs personnelles et d’attentes particulières. Si, pour Guichard, les déterminants des pratiques d’accompagnement sont à la fois d’ordre sociologique, scientifique, politique et éthique, pour d’autres auteurs comme Jung (1950) et Beebe (2001), elles renvoient surtout à des éléments beaucoup plus intimes : les caractéristiques psychologiques du praticien et celles du bénéficiaire. Un rapport de type consonance/dissonance s’établirait entre les types psychologiques en présence, susceptible d’avoir un impact important dans l’établissement de l’alliance de travail au point de rendre possible ou non, aux yeux du bénéficiaire, la poursuite du processus d’accompagnement. Médiatisée par l’écart entre des visions du monde différentes, une dissonance fondamentale entre le type psychologique du conseiller et celui du bénéficiaire pourrait ainsi être partiellement à l’origine du renoncement au projet de CIF. Une telle perspective est tout à fait congruente avec celles rapportées dans les autres communications du symposium développées par les travaux récents sur la relation (Norcross, 2011a) et l’alliance de travail (Guillon, 2013 ; Muran & Barber, 2010) qui mettent notamment l’accent sur l’importance des caractéristiques du conseiller (voir par ex. Laska et al., 2013), du consultant (Bohart & Tallman, 2010) et sur la nature interactive de la relation entre conseiller et bénéficiaire (Norcross, 2011b).

David J. Bourne

1.27.2014

L'âme humaine, esclave des forces collectives


La guerre sainte,

l’âme humaine esclave des forces collectives

 

La guerre sainte, deux mots qui d’abord paraissent antinomiques. En effet, comment une guerre peut-elle être sainte ? Que les hommes aient depuis toujours été contraints de faire la guerre, la chose paraît assez naturelle, le fond d’agressivité existant en leur âme demandant à être exprimé, tout au moins canalisé. Mais qu’il faille la déifier en affirmant la mener au nom d’un principe tenu pour sacré, c’est en rendre la limitation bien problématique.

Pour Carl Gustav Jung, l’un des fondateurs de la psychanalyse, c’est une tendance qui prend toute sa pertinence dans la mesure où elle pose le problème des rapports entre l’individu et la collectivité dont il est membre. Dans quelle proportion, précisément, peut-il abdiquer sa liberté personnelle face aux exigences de la communauté ?  Répondre à cette question revient à s’interroger sur la relation qu’il entretient avec son âme. Jung estime que le rôle de celle-ci est d’être un pont entre sa conscience et le monde immense de son inconscient. Or, si ce dernier est, pour partie, personnel à chacun, une autre partie demeure collective, dans la mesure où elle est le fruit de toutes les expériences connues par les hommes depuis qu’ils existent. En l’inconscient collectif demeurent des richesses formidables aptes à fortifier la personne dans le cas où elle connaît des troubles graves, mais qui peuvent aussi, lui faire perdre son autonomie si elle tend à les mépriser. C’est dans les phénomènes dits de « guerre sainte » que ces forces font ressentir leur puissance et peuvent amener l’individu à perdre son âme. Telle est la situation dont rend compte la psychologie de Jung.

 

Monothéisme et guerre sainte.

Favorisant la mobilisation de toutes les énergies en une direction unique, une religion de type monothéiste a pu permettre les phénomènes de guerre sainte. Du reste, il fallut un temps assez long pour que l’Humanité puisse accorder sa foi à un seul Dieu.

Longtemps en effet, elle préféra tourner ses préoccupations sur des croyances reconnaissant l’existence d’une pluralité de puissances, davantage propres à exprimer toute la diversité de la psychologie humaine. C’est ainsi que le polythéisme fut longtemps la règle dans toutes les sociétés. Non que les hommes n’aient eu la prémonition qu’existait un seul Dieu, inconnu, source de toutes choses. Simplement, il restait confiné dans les sanctuaires et ne concernait que quelques prêtres initiés. Avec le peuple hébreux, pour la première fois Dieu était mis à la portée de tous et il appartenait à chaque homme de reporter sur Lui ses adorations. En même temps, une responsabilité immense pesait soudainement sur ses épaules.

En effet, les religions païennes traditionnelles s’appuyaient non sur un dogme mais sur des rites établis par une tradition remontant du fond des âges. Il ne s’agissait pas de foi mais de croyances. Issues du fond de notre âme, celles-ci s’imposaient à la conscience humaine comme des forces puissante exprimées au moyen de mythes appropriés, autant d’images nous donnant une vision précise de la nature humaine. Se proposant à notre attention de manière irraisonnée, elles ne permettaient que dans une certaine mesure à notre libre arbitre de s’exprimer. Précisément, la liberté humaine n’était alors pas reconnue et l’on sait l’importance que les Anciens accordaient à la fatalité. L’histoire de Crésus en témoigne, il est toujours vain de vouloir échapper à son destin. Cependant, toutes ces traditions gardaient un caractère sécurisant par leur cadre rigide, lequel imposait des règles précises où se trouvait étroitement circonscrite l’action humaine.

Bien différente est la foi. Allant plus loin que les simples croyances religieuses, elle en appelle à la volonté humaine, sollicite l’intelligence de l’homme, est source chez lui d’unité. Il en découle de sa part une force d’âme accroissant le champ de sa conscience et mettant au plus haut niveau le sens de ses actions. Mais un tel sentiment, ainsi exprimé, peut se révéler à double tranchant. Si elle n’est pas assumée avec tout le discernement nécessaire, la foi peut être une force atrophiant notre liberté, s’emparant de notre âme, justifiant la violence, avec son cortège d’horreurs et d’abominations. « Le plus grand problème du Moyen Age fut d’apprendre à penser. Ils choisirent la plus abstraite de toutes les idées, l’idée de Dieu, et lui sacrifièrent tout. Des pays ont sombré devant elle, des familles ont été démembrées par elle, des armées ont été massacrées dans le but d’apprendre à penser à Dieu »[1]. On comprend alors la raison pour laquelle il fallut si longtemps à l’Humanité pour se tourner avec confiance vers une divinité unique tant était incertaines les conséquences découlant d’un tel changement.

« Le fanatisme est le frère toujours présent du doute »[2] disait Jung. Tous ces excès représentent effectivement une volonté de compenser une infériorité psychologique ressentie par des collectivités en situation de crise. Les hommes qui participèrent à la croisade le firent à une époque où la vie était durement perçue, sans cesse menacée par les inondations, les épidémies, les guerres. S’imaginant qu’ils pouvaient échapper à leur sort, soutenus par l’idée de la « Jérusalem céleste », ils avaient le désir de réaliser rapidement leur idéal ici-bas. Dans le même ordre d’idée, connaissant une existence précaire au sein des solitudes désertiques de la péninsule arabique, les guerriers nomades furent unis par Mahomet au nom du tout puissant Allah et se firent conquérants.

Le thème du « peuple élu » illustre au mieux cette tendance rendue possible par le monothéisme. C’est afin de faciliter l’unité des douze tribus d’Israël que les Hébreux, Moïse à leur tête, décidèrent qu’ils constituaient le « peuple élu ». Dans leur esprit, cette situation ne résultait pas d’une décision prise par un être de chair, souverain chef charismatique, mais de la seule volonté du Tout puissant. Pour en faire partie, soit pour avoir accès à Sa parole, il fallait simplement témoigner de la plus extrême humilité. Il n’en demeure pas moins que cette idée a pu, tout au long de l’Histoire, être sujette à des dérives et justifier la volonté de puissance de certains peuples considérés par eux-mêmes comme appelés.

De par sa connaissance des diverses traditions du globe, Jung avait su considérer avec distance sa culture chrétienne d’origine. « Je voyais saint Augustin transmettant aux Anglo-Saxons, de la pointe des lances romaines, le credo chrétien et Charlemagne imposant glorieusement aux païens des conversions tristement renommées. Puis les hordes pillardes et meurtrières des armées des croisés et ainsi, comme avec un coup au cœur, la vanité du romantisme traditionnel des croisades me sauta aux yeux »[3]. En confrontant les civilisations les unes aux autres, le psychologue avait en effet acquis une conception très personnelle de la vie spirituelle, ce qui, en des temps plus sévère, l’aurait très certainement conduit au bûcher. Jung en était arrivé à ces convictions du fait de ses nombreux voyages, lesquels ont contribué à faire sa renommée, et lui permirent de donner une image de l’être humain dans toute sa diversité.

Tout particulièrement, son séjour au Nouveau Mexique chez les Indiens pueblo fut source chez lui d’une riche réflexion quant à la meilleure attitude à adopter devant le fait religieux. Le savant estimait en effet que ce qui faisait la force de ce peuple était sa manière très sérieuse de vivre sa vie spirituelle. Pour lui, elle devait être considérée comme un secret ne devant pas être trahi, à l’instar des mystères d’Eleusis, sachant ainsi préserver une identité culturelle qu’une assimilation trop brutale au monde moderne lui aurait fait perdre. En effet, un fait religieux resté caché fait toujours la part belle à l’individu par rapport à la collectivité dont il est membre. Chacun garde intact sa liberté personnelle et le danger de devenir esclave des mouvements collectifs s’en trouve amoindri d’autant. Tel était le message délivré à Jung par cette communauté et l’on comprend qu’il l’a aidé à se garder de certaines puissances non canalisées présentes en son inconscient.

 

Guerre sainte et laïcité.

On commettrait pourtant une erreur si l’on assimilait le phénomène de guerre sainte au seul fait religieux. Les valeurs ne peuvent concerner que la vie su siècle, subsiste la ferveur collective.

En effet, la haine qu’encourt un principe vu comme excessif peut générer un excès tout aussi grand, et lutter contre un ennemi bien défini est toujours rester sous l’influence de l’idée qu’il représente. Durant la Révolution française, les soldats de la République qui avaient pour mission de lutter « contre l’intolérance et le fanatisme » encouraient tout aussi bien le même reproche. Ainsi le siècle dit des Lumières, dans un souci de progrès resté décalé par rapport à la réalité psychologique humaine, a tenté de promouvoir des valeurs devenues autant d’abstractions exerçant leur pouvoir de séduction sur des âmes prêtes à abdiquer leur liberté en vue de leur réalisation sans concession. La Justice, la Liberté, le Progrès, la Fraternité, la Tolérance étaient autant de divinités nouvelles vers lesquelles des hommes tournaient leurs aspirations et la majuscule qui leur était accolée n’était là que pour exprimer l’adoration sans bornes que les hommes avaient à leur vouer. Une divinité était remplacer par une autre, le même zèle religieux justifiait les violences.

La Révolution française ne fut pourtant pas le dernier évènement suscitant ces actions et le XXe siècle ne fut pas en reste dans la volonté des hommes de déifier leurs actes les plus condamnables pour mieux s’aveugler sur leur véritable nature. Les régimes totalitaires qui apparurent alors connurent la même fascination envers cette volonté d’engager une lutte au nom d’un Bien jugé supérieur, contre un ennemi perçu sous les plus noirs aspects. Ainsi l’affirmait Jung : « L’absolutisme de la « civitas Dei », de la cité de Dieu, incarnée par les hommes, ne ressemble malheureusement que trop à la « divinisation » de l’Etat que prônent les tenants de l’autre bord, et les conséquences morales qu’un Ignace de Loyola tire de l’autorité de l’Eglise – à savoir que le but sanctifie les moyens – n’anticipent que trop dangereusement sur l’usage du mensonge comme instrument de haute politique. D’un côté comme de l’autre, une soumission totale à la Foi est exigée. L’individu se trouve ainsi amputé de sa liberté, de sa liberté devant Dieu par les uns, de sa liberté devant l’Etat par les autres, ce qui dans un cas comme dans l’autre creuse sa tombe »[4].

Une image particulière propre à faire le lien entre cette voie suivie par les hommes du Moyen Age et ce trait de certains régimes dictatoriaux de notre temps, est celle qui a trait au millénarisme. Le nombre 1000, par l’idée de profusion qu’il suggère, est tout à fait propre à prendre un caractère d’éternité, à évoquer une situation intemporelle destinée à durer toujours. Ce fut ce rêve auxquels cédèrent certains esprits d’autrefois, recherchant la venue d’un nouvel Age d’or quitte à ce que soit ébranlé l’ordre social. Ce même désir sous-tendit les révolutions françaises et russes. Il caractérisa le messianisme de 1848 tout comme la révolution bolchevique de 1917. Surtout un tel désir va de pair avec une volonté de diaboliser un ennemi extérieur contre lequel rien n’est jugé trop excessif pour que soit assurée sa destruction. Ainsi le régime nazi entreprit-il la croisade contre le communisme et contre le judaïsme et la volonté d’Adolphe Hitler de faire inscrire « Dieu avec nous » (Gott mit uns) sur les ceinturons de ses S.A. montre bien le sens pris par sa détermination. De même, le capitalisme honni fut-il présenté par les communistes comme une véritable bête de l’Apocalypse. Tel est le caractère pris par la guerre menée alors au nom de l’idéologie d’un régime.

Que ce soit sous l’empire d’un dogme religieux ou de celui d’une idéologie conditionnant la vie d’un Etat, le même symbole mobilise les énergies. Jung parle de la « ressemblance avec Dieu ». Pour lui, il s’agit de l’influence exercée par un archétype très puissant présent en notre inconscient collectif, l’archétype du divin, et qui, parce qu’il est resté ignoré et non canalisé pour le plus grand bienfait de l’individu, possède l’être humain tout entier. Il s’ensuit chez ce dernier une certaine frénésie de puissance qui le voit soumis à des mots d’ordre, abstractions coupées de toute réalité humaine et concrète. Par un accès de présomption, il connaît « une exaltation inconsciente et une mise en évidence du Moi, qui peut alors atteindre à une volonté morbide de domination »[5]

En définitive, on réalise que le seul dieu auquel les esprits se sont laissés subjuguer est Moloch, cette divinité des anciens temps à qui les hommes allaient jusqu’à sacrifier leurs semblables. Aujourd’hui, Moloch a disparu de notre univers. Ce culte barbare n’en continue pas moins à exerces son emprise sur les esprits puisqu’il renaît sous la formes d’idées auxquelles ils sacrifient tout sans concessions. Chronos dévorant ses enfants, le minotaure se repaissant de ses victimes, sont autant d’images de ce maître avide et insatiable, et si les hommes ne lui sacrifient plus leurs enfants, ils lui sacrifient leur âme, immolée alors pour le triomphe d’idées qui, par l’indépendance qu’elles acquièrent envers leur conscience, font peser leur poids sur la libre expression de leur personnalité.

 

Intériorisation de la guerre sainte.

Pour Carl Gustav Jung, l’espoir d’épargner de tels maux à l’humanité réside, non dans la masse, mais dans l’individu. Le psychologue estime en effet que d’une vie réellement religieuse ne peut que découler « un sentiment fier qui élève l'individu humain à la dignité d'un facteur métaphysique »[6].

Effectivement, entre un sentiment religieux exprimé avec autant d’ardeur que par la guerre sainte et une vie authentiquement religieuse de l’individu assumée en son intimité avec lui-même, n’existe qu’un rapport fort ténu. C’est le sens pris par la mystique, l’attirance éprouvée envers le mystère de Dieu présent en chacun d’entre nous. Toutes les religions ont leur mystique, la relation individuelle entre Dieu et la créature.  Pour cette raison ceux qui ont suivi cette voie ont toujours suscité la méfiance des autorités religieuses officielles en raison de l’indépendance d’esprit manifestée envers la société.

A cet effet, l’exemple le plus imagé que l’on puisse donner de cet engagement est celui présenté par l’Ancien Testament et par le lien évident qu’il entretient avec la guerre. Les Saintes Ecritures évoquent en effet l’Histoire du peuple hébreu dans son rapport avec Dieu. Tantôt, il connaît des succès, tantôt il éprouve des revers. Mais les uns et les autres alternent conformément à la volonté du Tout puissant et sont autant de jalons le faisant progresser sur le chemin de sa destinée.  Ainsi peut-on parler véritablement d’une mystique de l’Ancien Testament, dans la mesure où toutes les aventures connues par ce peuple, positives ou négatives, le font à chaque fois avancer un peu plus dans la connaissance de Dieu. Tel est précisément le périple dans lequel est engagé l’individu à l’intérieur de lui-même.

Aussi, ne faut-il voir les combats menés par Israël, non de manière littérale, mais uniquement sur un plan métaphorique, chaque lutte n’étant que la projection des tendances diverses sollicitant l’âme de chacun. Tous les remous agitant notre existence, images de nos déchirements intérieurs, nous font à chaque fois évoluer un peu plus dans notre appréhension de nous-mêmes, nous rendant plus sensibles la volonté du Tout puissant. Tel est le labyrinthe tortueux, image de notre inconscient et, au-delà, de notre vie même, dans lequel nous cheminons tout en nous transformant graduellement. Quel que soit le tour pris par les évènements, les textes chrétiens n’ont jamais présenté la guerre autrement que sous forme d’images destinées à faire mieux entrevoir au fidèle son combat intérieur. C’est le sens pris par la lutte menée entre la Lumière et les ténèbres évoquée par Saint Paul. Ainsi dit-il dans l’une de ses Epitres : « Je te délivrerai du peuple et des nations païennes vers lesquelles je t’envoie, moi, pour leur ouvrir les yeux, afin qu’elles reviennent des ténèbres à la lumière et de l’emprise de Satan à Dieu »[7]

Ce devoir qui nous est imparti nous est rendu plus sensible si l’on observe que les deux premières religions monothéistes vouent un culte à un dieu vaincu. « C’est lorsque nous sommes en proie à un affect que nous prenons conscience de nous-mêmes avec le plus d’acuité, que nous nous percevons nous-mêmes avec le plus d’intensité [...] un choc au visage, par exemple pourrait être à l’origine des premières réflexions de l’individu sur lui-même »[8]. Ceci est vrai dans le cas du Christianisme au sein duquel les croyants ont tourné leurs aspirations vers un dieu mort sur la croix pour mieux souligner l’idée d’amour et de charité. Cela ne l’est pas moins dans le cas du judaïsme. Généralement, les peuples païens abandonnaient toujours le dieu qui ne leur avait pas donné la victoire. Différent fut le choix des hébreux, connaissant l’épreuve de la captivité de Babylone. Malgré la détresse dans laquelle semblait les avoir confinés Yahvé, ils continuèrent à Lui accorder leur foi en élaborant toute la trame de leur religion. Telles furent les conditions dans lesquelles naquit le judaïsme au Ve siècle avant JC.

Des situations comme celle-ci sont en effet bien propres à créer en chacun d’entre nous une nouvelle conscience, et c’est dans la douleur ressentie que les richesses insoupçonnées de notre âme se présentent à celle-ci et l’enrichissent. « C’est de la souffrance de l’âme que germe toute création spirituelle et c’est en elle que prend naissance tout progrès de l’homme en tant qu’esprit ; or, le motif de cette souffrance est la stagnation spirituelle, la stérilité de l’âme »[9]. En ce sens va le récit de Saint-Exupéry, Pilote de guerre, l’Histoire de son expérience d’aviateur lors de la défaite de 1940. Quel que soit son caractère dramatique, elle n’en est pas moins destinée à produire en lui les fruits les plus spirituels. « Je ne m’inquiète pas du limon épars s’il abrite une graine. La graine le drainera pour construire »[10], disait-il. Il n’est que d’imaginer pour s’en convaincre l’Iliade écrite par un Troyen ou la deuxième guerre punique narrée par un Carthaginois.

 

Légitimée ainsi, la guerre ne fait que mettre en lumière nos plus noirs instincts. La mettre sur un piédestal en affirmant la mener au nom d’un principe majeur ne vise qu’à camoufler ce qu’elle a toujours demeuré, soit le plus terrible des fléaux humains. Jung estimait que le progrès général découlera, non de transformations politiques, économiques ou institutionnelles, simplement d’une reconstruction personnelle de l’individu. A l’éducation et à la culture reviennent le rôle de transmettre les valeurs nécessaires à sa réalisation. Les grands esprits, Socrate, Jésus, le Bouddha, se sont toujours adressés aux individus, non aux masses, ainsi s’est propagé leur enseignement. Saint Augustin le disait: « Une âme qui s’élève élève le monde ».

 

Bibliographie :

·         W. Mc Guire et R.F.C. Hull, C.G.Jung parle. Paris: Buchet/Chastel, 1985.

·         Carl Gustav Jung, L’homme à la découverte de son âme. Paris : Albin Michel, 1987.

·         Miguel Rojo Sierra, Introduction à la lecture de Jung. Genève : Georg édition, 1988.

·         Didier Lafargue, La personnalité humaine dans l’œuvre de Carl Gustav Jung. Montélimar : Edition Castelli, 2013.

·         Didier Lafargue, Saint-Exupéry et la guerre. Revue Choisir, mars 2011, n°615.

(http://www.choisir.ch/religions/spiritualites/item/1380-Résistance)



[1] W. Mc Guire et R.F.C. Hull, C.G.Jung parle. Paris : Buchet/Chastel, 1985, p. 24.
[2] Carl Gustav Jung, L’âme et la vie. Paris : Buchet/Chastel, 1965. 2e édition, 1969, p.254.
[3] Carl Gustav Jung, Ma vie. Paris : Gallimard, 1973, p.286.
[4] Carl Gustav Jung, Présent et avenir. Paris : Buchet/Chastel, 1962,  p. 65.
[5] Carl Gustav Jung, Dialectique du Moi et de l’inconscient.  Paris : Gallimard, 1964. 2e édition, 1967, p. 65.
[6] Carl Gustav Jung, Ma vie. Paris : Gallimard, 1966. 2e édition, 1967,  p. 291.
[7] Saint Paul, Actes 26, 17-18.
[8] Carl Gustav Jung, L’homme à la découverte de son âme. Paris : Albin Michel, 1987, p. 105.
[9] Carl Gustav Jung, L’âme et la vie. Paris : Buchet/Chastel, 1965. 2e édition, 1969, p. 330.
[10] Antoine de Saint-Exupéry, Pilote de guerre. Paris : Gallimard, 1942, Chapitre XXIV, p.185.

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L'approche typologique de Jung: un outil pour le Bilan de compétences. Juin 2009 Paris

Découvrez le musée imaginaire de Jung.

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INTP, Jung avait un imaginaire très développé comme le montre ce superbe ouvrage publié chez Stocks. On y découvre que le psychologue était également un artiste qui se livrait à la peinture, au dessin et à la sculpture dans sa maison de Bollinguen à Zurich, au bord du lac.

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